dimanche 25 juin 2017

"Le rêve des chevaux brisés" de William Bayer






Un psycho-polar bluffant !


A l'occasion d'un procès, David Weiss, un jeune dessinateur judiciaire, revient dans sa ville d'origine,
Il n'y a pas remis les pieds depuis 15  ans.
Ce sera pour lui l'occasion d'essayer d'éclairci un double meurtre qui a affecté sa jeunesse, car son père était le psychanalyste de l'une des victimes : la belle et troublante Barbara Fulraine.

Grâce aux carnets de son père qui s'est suicidé peu après ce double meurtre, David Weiss, va reconstituer la personnalité et la vie de Barbara qui incarnait la réussite, la beauté, la richesse.

Derrière cette belle façade, il va découvrir les petites et grandes misères, les échecs, les bassesses de la victime et de son entourage qui vont forcément le conduire au meurtrier.

"Le rêve des chevaux brisés" c'est  :
Un suspens magistralement mené.
Un chassé croisé d'intrigues.
Une analyse brillante d'une petite ville américaine standard.
Des personnages attachants et forts.
Un style dense et rapide.
Une très belle écriture.




Bref, un bien bon roman difficile à lâcher !!!
Je vous le conseille pour vos vacances...








William Bayer est né le 20 février 1939 à Cleveland.
Actuellement, il vit au nord de San Francisco.

Diplômé en 1956 de l’Académie Philips Exeter (New Hampshire) et de l’Université Harvard de Cambridge (Massachusetts) en histoire de l’art.

C'est le spécialiste du roman noir psychologique.

Livres publiés en France :
 Pélerin, Hors Champs, Labyrinthe de Miroirs, Wallflower, Le Rêve des Chevaux brisés, La Ville des Couteaux






lundi 19 juin 2017

"Le rouge vif de la rhubarbe" de Audur Ava Olafsdottir






Mon Dieu ! Quel ennui !!!

J'ai acheté ce livre sur la foi d'une critique dithyrambique :

"Tout premier roman d'Audur Ava Olafsdottir enfin traduit en français, "Le rouge vif de la rhubarbe" éclaire à merveille l'œuvre de la grande romancière islandaise.
Car il s'agit bien de merveilleux chez elle.
Pourtant c'est à la vie ordinaire qu'elle s'attache, sur cette île noire aux paysages crépusculaires, celle de personnages hors normes qui affrontent leur destinée avec une singulière drôlerie et une grâce incomparable.
Car il y a toujours une embellie dans les nuits polaires d'Audur Ava Olafsdottir.
Après "Rosa candida", inoubliable découverte, "Le rouge vif de la rhubarbe" est un enchantement."



D'abord, sachez, que contrairement à ce que dit cette critique, il n'y a aucune drôlerie dans ce livre.
Mais vraiment aucune !

Quant au "merveilleux", je ne l'ai pas trouvé. Il n'y a aucune grâce aucune poésie.

Tout est lenteur et introspection.

L'auteur nous décrit des petites vies, ballotées au gré d'une nature ingrate.

Je suis sans doute passée à côté de cette œuvre qui ne m'aura vraiment pas marquée...

Si vous y tenez vraiment... empruntez le à la bibliothèque ou à une amie qui, comme moi, se sera laissée piéger par les critiques !





Audur Ava Olafsdottir est née à Reykjavik (Islande) en 1958
Elle a fait des études d'histoire de l'art
Elle est professeur d'histoire de l'art à l'université d'Islande et directrice du Musée de l'Université d'Islande.
En France sont parus :
Rosa Candida
L'embellie
L'exception





lundi 12 juin 2017

"Comme les amours" de Javier Marias






Les dérives de l'âme humaine

Ce thriller psychologique commence plutôt gentiment à une terrasse de café, où Maria Dolz une jeune éditrice madrilène a l'habitude de prendre son petit déjeuner en contemplant avec admiration un couple marié qui semble si bien s'entendre.

Mais, qui dit  "thriller", dit forcément crime...
Et ce monde parfait vole en éclat le jour où le mari est sauvagement assassiné par un déséquilibré.

Maria décide alors d'entrer en contact avec Luisa la femme de la victime, qui semble devenue un être fragile et vulnérable face à la tragédie qui la frappe, elle et ses enfants.

Maria ne sait pas qu'elle vient de mettre un pied dans un univers où elle n'a rien à faire...

Extrait page 87 :
Elle s'aperçoit que pour autrui n'importe quel malheur a sa date de péremption sociale, que personne n'est fait pour contempler la peine, que ce spectacle n'est tolérable que durant un bref laps de temps."

L'histoire est complexe et tragique.
Mais elle reste bien réelle, tout à fait plausible.

L'auteur, Javier Marias, explore avec talent les émotions, les sentiments, les troubles de la jeune Maria que le couple appelait "la jeune prudente".

Pour appuyer ses propos, il en appelle au Colonel Chabert, à la jeune et sulfureuse Milady, à Athos si ambigü et même à Macbeth pour qu'on comprenne que l'âme humaine connaît des dérives, des tourments et que l'amour nous pousse à des actes insensés.


"Une superbe méditation sur le crime en général, et sur le plus invincible des criminels en particulier : le temps."  Le Figaro Magazine


Captivant et brillant !







Javier Marias est né à Madrid en 1951.
Il est l'auteur d'une dizaine de romans.
- L'homme sentimental
- Le roman d'Oxford
- Un cœur si blanc
- Demain dans la bataille, pense à moi

Il a enseigné la littérature à Oxford.
Il vit actuellement à Madrid.

mercredi 7 juin 2017

"Elles ont conquis le monde" Alexandra Lapierre & Christel Mouchard






Mini biographies de grandes aventurières !



En fait, ces aventurières étaient avant tout de grandes désobéissantes !
"L'obéissance, c'est la mort !" (Alexandra David Néel)







L'aventure, l'appel du grand large, la curiosité de découvrir le monde, la volonté de combattre, leur donnaient un impérieux désir d'outrepasser les codes de bonne conduite.

Et le premier chapitre est consacré à une nonne audacieuse devenue guerrière : Catalina de Erauso, la Jeanne d'Arc espagnole... née en 1592.




La société les voulait bonnes épouses et bonnes mères de famille alors qu'elles ne rêvaient que de botanique, d'ethnologie, de peinture, etc...
Alors, elles partent ! Souvent dans des conditions incroyables.
Elles voguent vers d'autres horizons, vers d'hostiles territoires, bravant l'ordre des choses, comme l'incroyable, la "scandaleuse" Isabelle Eberhardt tombée folle amoureuse du ... Sahara.




Nous avons droit ainsi à une trentaine de "portraits" de femmes toutes plus extraordinaires les unes que les autres...
Les auteurs concluent qu'elles sont ... increvables !!!
"Contre toute attente, l'aventure ne tue pas ces grandes voyageuses : elles les conservent !"
En effet, la plupart décèdent à plus de 90 ans... quelques unes même seront centenaires.


Un livre passionnant qui peut nous donner envie de nous plonger dans les péripéties de la vie d'une aventurière en particulier.





Alexandra Lapierre





Christel Mouchard










lundi 29 mai 2017

"Crise d'otages" de James Patterson






Une intrigue époustouflante !


James Patterson est un auteur que je ne connaissais pas.
J'ai donc commencé par l'un de ses thrillers recommandés par la critique.

L'intrigue est incroyablement bien faite.
Elle pourrait se baser sur un fait réel.

L'histoire est la suivante : à l'occasion de l'enterrement de la first Lady à la Cathédrale St Patrick, une prise d'otages a lieu. Les ravisseurs ne demandent pas "une" rançon, mais autant de "rançons" que de personnalités retenues. Les personnalités en question viennent du monde du spectacle, des medias, des arts et de la politique.
Les ravisseurs affirment qu'ils pourront sortir sans se faire prendre. Et ... c'est vrai !

L'auteur connaît les ficelles du métier.
On a envie de sauter des pages pour arriver plus vite au dénouement !!!

Par contre, le style n'est pas génial du tout... Il est inconsistant et très niais.
 Je lui mettrai un beau zéro pointé.
Il parait que le succès aidant, James Patterson n'écrit plus lui-même, il délègue !

Mais l'intrigue est tellement époustouflante que je dirai que c'est un polar à lire pour se décontracter.






James Patterson est né en 1947 à Newburgh aux Etats-Unis

Il est écrivain et scénariste.
Le héros de l'une de ses séries : l'inspecteur Alex Cross est interprété au cinéma par Morgan Freeman dans "Le Collectionneur" et le "Masque de l'Araigné".

Il vit à Palm Beach en Floride dans une superbe propriété !
En 2012, il est classé par le magazine Forbes comme l'écrivain le mieux payé au monde...





dimanche 14 mai 2017

"L'homme qui ne voulait plus se lever" de David Lodge







Humour et cynisme british...



Je découvre David Lodge avec ce livre
Il n'est pas très épais : à peine quelques 120 pages !

Il s'agit de 6 nouvelles écrites entre 1966 et 1992 :
- Sous un climat maussade
- Mon premier job
- L'hôtel des Paires et de l'Impair
- L'homme qui ne voulait plus se lever
- L'avare
- Pastorale

Ces nouvelles mettent en scène des gens ordinaires à qui il arrive des choses ... ordinaires ! mais raconté à la façon David Lodge qui s'attache à se moquer de ses contemporains avec ce qui fait le charme british : une pointe d'humour, une pointe de cynisme.

Certaines nouvelles sont assez drôles, d'autres un peu plus sombres. Mais sous leur air léger, elles dénoncent le mal-être des personnages.

J'ai décidé de poursuivre la rencontre avec cet écrivain en lisant "Thérapie".
Je vous raconterai...










David Lodge est un écrivain britannique né à Londres en 1935.

 Il est issu d'une famille catholique modeste, sa mère était secrétaire et son père professeur de danse.

Il a décidé de devenir écrivain à l'âge de ... 14 ans !

 Bien que très jeune durant la Seconde Guerre mondiale, il a été particulièrement marqué par ses conséquences lors d'un voyage à Heidelberg en 1951, en constatant les différences entre l'Angleterre en reconstruction et l'Allemagne en plein essor économique.


Après avoir envisagé de devenir journaliste, il poursuit des études à Londres puis à Birmingham où il a ensuite enseigné la littérature anglaise jusqu'en 1987 avant de se consacrer à l'écriture.




A noter : il a reçu en France la distinction de Chevalier de l’ordre des arts et des lettres








mardi 9 mai 2017

"La Galerie des maris disparus" de Natasha Solomons







L'émancipation d'une jeune femme juive...


Natasha Salomons m'avait séduite avec "Jack Rosenblum rêve en anglais" fortement inspiré de l'histoire de ses grands parents émigrés et je me suis laissé tentée par "La Galerie des maris disparus" parce que ce roman est également un hommage à son autre grand-mère appelée Rosie.

Extrait page 451
Rosie était quelqu'un d'exceptionnel.
En 1948, son mari disparut. Il la laissa sans argent et avec deux jeunes enfants.
Mais Rosie était bien résolue à offrir une meilleure vie aux siens - un exploit pour une femme seule dans les Gorbals (quartier misérable de Glasgow) 
Elle ouvrit un salon de coiffure appelé "Rosie's" et son fils fut le premier de la famille à aller à l'université.
Cependant Rosie et son mari ne divorcèrent jamais, de sorte qu'elle resta une "agunah" (femme juive dont le mari a disparu mais qui reste "enchaînée" à lui...) jusqu'à la mort de ce dernier.



"La Galerie des maris disparus" situe l'action à Londres, fin des années 1950.




Le jour de son anniversaire, George, le mari de Juliet Montague se volatilise ! Pffft !

Normal, pense la mère de Juliet avec chagrin, c'est de ma faute, j'aurai du appeler ma fille Ethel... prénom typiquement juif... et non Juliet, prénom d'une héroïne romantique.

Juliet se retrouve donc seule avec deux enfants en bas âge, ni veuve, ni divorcée elle n'a pas le droit de refaire sa vie selon les règles de la communauté juive.
Mais Juliet a de la ressource, et je vous laisse découvrir ce que va devenir sa vie...





REVUE DE PRESSE

"Une belle leçon de féminisme."
Madame Figaro
"Aventure singulière et symbole de la libération des femmes, ce roman questionne notre perception de l'art tout en nous émouvant. Juliet ne cesse de nous fasciner dans sa capacité à résister à l'adversité."
Aurélia Durandal, Page des Libraires
"Un roman très original qui raconte comment le destin d'une femme ordinaire va basculer grâce à la peinture, à laquelle elle consacrera sa vie et qui l'éclairera."
Courrier Français
"Une héroïne très attachante."
Est Eclair
"Un beau roman qui évoque le long chemin vers l'émancipation des femmes."
E. Friedmann, Questions de Femmes
"Rythmé par une jolie idée - à chaque étape importante correspond un portrait d'elle peint par un artiste différent -; ce roman raconte un demi-siècle de la vie d'une femme qui trouve dans sa passion pour l'art la force de s'émanciper du regard des autres et gagne ainsi la liberté."
M.P., Femme Majuscule








Natasha  Solomons est née en 1980 en Angleterre.
Elle vit actuellement dans le Dorset où elle travaille avec son mari comme scénariste.
Publications :
Jack Rosemblum rêve en anglais.
Le Manoir de Tyneford
La galerie des maris disparus



lundi 1 mai 2017

"Imaqa" de Flemming Jensen





Un hymne à la tolérance porté par un humour irrésistible !



Martin est un instituteur danois qui à 38 ans éprouve le besoin de s'évader.
Il jette son dévolu sur le Groeland, "promesse d'infinités envoûtantes".




Le département de l'Education Nationale est formel : Martin devra "faire de ces braves gens là-haut, des Danois"  et surtout ... : "ne pas apprendre le groenlandais"...!

Extrait page 29 :
"Rappelez-vous ! Vous allez là-haut pour apprendre aux Groenlandais à parler le danois. Pas le contraire !"

Ayant accepté les conditions de l'Education Nationale, Martin prend ses fonctions dans un hameau de cent cinquante âmes : Nunaqarfik, à plus de cinq cents kilomètres au nord du cercle polaire.





Mais rien ne va se passer comme prévu par l'Education Nationale !
Tout d'abord il apprend très vite à parler Groenlandais...
Puis à vivre Groenlandais...
Au fil des mois qui passent et des rencontres dans une communauté où le rire est érigé en remède souverain contre la peur ou la tristesse, il réagit comme les Groenlandais qui  s'organisent en fonction de la nature environnante.




Bientôt le voilà pourvu de chiens de traînaux et obligé d'aller pêcher quotidiennement car ces braves toutous mangent chacun 1 kg de poisson par jour !





Il participe aux fêtes locales où toute la communauté est réunie et ... il tombe amoureux...de Naja, une jolie Groenlendaise après être tombé amoureux de son pays, "ce pays qui a absorbé toute son âme" et qu'il ne veut plus quitter.





Un livre formidable que je vous recommande vivement !

Imaqa veut dire « peut-être » en Groenlandais.
Ce mot traduit le stoïcisme dont font  preuve les Groenlandais.









Flemming Jensen, né le 18 octobre 1948 à Copenhague, est un écrivain, acteur et humoriste danois. Il est l'auteur de Imaqa (1999), Le Blues du braqueur de banque (2012) et Maurice et Mahmoud (2013).

mardi 25 avril 2017

"La villa des secrets" de Rosanna Ley






Un petit roman léger et dépaysant ...


Après avoir un peu peiné sur la vie dépravée de Scott Fitzgerald et de sa folle épouse, j'avais besoin de m'aérer les neurones avec un livre qui fait du bien au cœur et à la tête... alors quoi de mieux qu'une petite virée en Sicile par le biais du livre de Rosanna Ley : "La Villa des Secrets".





L'héroïne s'appelle Tess, c'est une trentenaire célibataire, mère de Ginny, une jeune fille de 17 ans.
Elle apprend qu'elle vient d'hériter d'une incroyable propriété perchée sur une falaise avec vue sur la mer, en Sicile, d'où est originaire sa mère Flavia.

Or sa mère Flavia qui a quitté la Sicile pendant la seconde guerre mondiale pour se réfugier en Angleterre a coupé tout contact avec sa famille sicilienne. Elle refuse catégoriquement de parler de son passé et de revenir en Sicile.




Tess espère avec l'opportunité de cet héritage comprendre le passé de sa mère.
La vie ne s’improvise pas, elle se construit sur des bases solides où les non-dits familiaux n'ont pas leur place, et "La villa des secrets" nous en fournit l'exemple.

La construction du récit alterne le point de vue de Tess et celui de Flavia.

Cette escapade en Sicile pleine de couleurs, de saveurs et de parfums, nous livre aussi des recettes très savoureuses, celle que Flavia recopie avec amour dans un carnet pour le léguer à sa fille.




 C'est un livre agréable, sans prétention dont le principal intérêt réside dans la description de la Sicile et de ses coutumes.













Rosanna Ley a travaillé comme professeur d'écriture créative pendant plus de 15 ans.

 Rosanna a écrit de nombreux articles ainsi que 12 romans de fiction contemporaine publiés au Royaume-Uni, l'Allemagne, la Grèce et les États-Unis.

Ses livres sont inspirés par la culture et les paysages de l'Italie, de la Sicile et des îles Canaries et résonnent de voix féminines du passé et du présent, où mystère et secrets se côtoient.

Rosanna vit avec son mari à West Dorset près de la mer.


vendredi 14 avril 2017

"F. Scott Fitzgerald" de Matthew J. Bruccoli






"La" biographie de référence !!!

La vie et l'oeuvre de F. Scott Fitzgerald divisent les opinions.

Il y a les partisans de Scott qui font de lui un "génie", l'auteur le plus talentueux de sa génération subissant la folie et les extravagances de son épouse Zelda.

Et il y a les défenseurs de Zelda, présentée comme la victime  de son mari et qui prétendent qu'elle a été la collaboratrice et même l'auteur de bien des œuvres signées par Fitzgerald. Les quelques extraits cités dans l'ouvrage témoignent du réel talent de Zelda et sembleraient accréditer cette thèse.


Fitzgerald et Zelda



Et puis, il y a  ... l'impartialité de l' auteur  Matthew Bruccoli, professeur d'anglais à l'Université de Caroline du Sud, auteur d'une bonne dizaine d'ouvrages sur Fitzgerald qui s'interdit de prendre parti et qui nous livre : "des faits, rien que des faits".

Fitzerald a conservé une quantité d'archives tout au cours de sa vie et il avait même l'habitude de faire un bilan lapidaire de chaque année !

Exemple page 187 pour l'année 1920 :
"Fêtes et mariage. Récompenses de l'année précédente.  Année la plus heureuse depuis mes dix-huit ans".


Fitzgerald et Zelda


Matthew Bruccoli ne nous dissimule aucun fait rigoureusement documenté.
Au cours des 650 pages de cette biographie nous assistons au succès (éphémère) de Fitzgerald puis à sa lente déchéance, à l'autodestruction de son couple, à son déclin d'auteur, à ses pertes financières, à son alcoolisme.

Extrait page 235 :
"Quantité des meilleurs auteurs américains ont été alcooliques à des degrés divers. Ce fut le cas de Fitzgerald, Faulkner, O'Neill, O'hara, Wolfe, Lardner, Hemingway, Lewis, Chandler et Hammett. Il y a sans doute un rapport entre l'alcoolisme et la créativité, mais rien ne permet d'affirmer que si les écrivains boivent, c'est parce qu'ils sont écrivains. Fitzgerald devint convaincu que l'alcool était nécessaire à sa création".



Hemingway et Fitzgerald à Paris

Fitzgerald semblait pourtant bien parti dans la vie !
Tout jeune, il rêve de gloire et en mars 1920, à l'âge de 24 ans,  il publie son premier roman "L'Envers du Paradis".  Dans la foulée il épouse l'excentrique Zelda Sayre, fille d'un Juge. Ils partent à Paris où ils côtoient Hemingway. Ils voyagent et déménagent beaucoup. Leur vie est faite de folie, de saouleries, de provocations, de tentatives de suicide, de névroses.
Fitzgerald arrive tout de même à produire "Gatsby le Magnifique", "Tendre est la nuit", "La fêlure"...
Quand Zelda est internée en hôpital psychiatrique, leur vie est depuis longtemps un enfer.

En 1939, il lui écrit :
Extrait page 546
"Tu étais "folle" au sens habituel, avant de nous rencontrer."

Leur fille Scottie est élevée par des proches.



Fitzgerald et sa fille Scottie


Couvert de dettes, (les traitements de Zelda et son hébergement coûtent très chers) Fitzgerald produit  des nouvelles à la chaîne ainsi que quelques scénarios. Beaucoup de ses écrits sont refusés.
On ne le reconnaît plus en tant qu'écrivain.

Il est hébergé par sa maîtresse Sheilah Graham une journaliste mondaine (qu'il a tenté de tuer au cours d'une de ses soirées bien  arrosées) quand il est terrassé par une crise cardiaque, le 21 décembre 1940.

Il avait seulement 44 ans...


Fitzgerald et Sheilah Graham, sa dernière compagne.


Les notices nécrologiques délivrèrent un message plein de condescendance :

Extrait page 29 :
"Sa carrière commence avec les années vingt et se termine approximativement avec elles.
L'envers du Paradis, son premier roman, fut publié au cours de la première année de cette décennie de gratte-ciel et de jupes courtes.
Entre ce premier livre et le dernier, publié en 1935, il n'en fait paraître que six autres.
Depuis cette date, quelques nouvelles, un scénario de film ou deux, résument pratiquement tout ce que produisit sa machine à écrire.
La promesse d'une brillante carrière ne fut jamais accomplie."

Le 10 Mars 1948, à l'hôpital psychiatrique de Highland, un incendie se déclara, faisant 9 victimes.
Parmi elles, se trouvait Zelda..
Elle fut enterrée aux côtés de son mari.









 Matthew J. Bruccoli   21 août 1931  -  4 Juin 2008
est le spécialiste mondial de Fitzgerald.
Cette biographie est le fruit de quarante ans de travail.








samedi 8 avril 2017

"La mémoire des embruns" de Karen Viggers






Ai-je lu le même livre que Gérad Collard ?????

Cette histoire est "gentille" , mais elle est loin d'être... "sublime" !
C'est proprement écrit mais c'est aussi souvent très ennuyeux.
On n'est vraiment pas dans un livre "sublime" : il manque de souffle, d'émotion vraie, de littérature en somme. Il est  surcôté par les critiques, (surtout Gérard Collard !).


L'histoire : Mary est âgée et malade. Un jour, un homme surgit de son passé et lui remet une enveloppe contenant un secret de famille. Mary se sent déstabiliser et  décide alors de quitter le continent australien pour revenir vivre sur l'île de Bruny où elle a passé une grande partie de sa vie.






Jack son mari y était gardien de phare.
Ce retour sur son passé (et son secret) signe son adieu au monde.
Ses proches ne sont pas dupes et chacun réagit selon son caractère.



Sa fille Jan pour se donner bonne conscience voudrait la placer en maison de retraite, mais Mary fait de la résistance ! Il lui reste encore des choses à faire, des problèmes à régler sur l'île de Bruny...
Quant au fils Tom, c'est un taiseux qui n'en finit pas de ressasser ses échecs, mais qui est beaucoup plus proche de sa mère que ne l'ait la fille.

Le dernier protagoniste, c'est la nature... sauvage et hostile qui permet à Karen Viggers d'écrire de belles pages.


Un roman d'évasion au déroulement très, très lent avec une intrigue plutôt mince.











Karen Viggers est née à Melbourne.

Elle est vétérinaire et écrivain à ses heures.
Elle exerce dans divers milieux naturels, y compris l'Antarctique.

Elle vit aujourd'hui à Canberra où elle partage son temps entre son activité de vétérinaire et l'écriture.






......

dimanche 2 avril 2017

"La loi des Sames" de Lars Pettersson







Au cœur de l'univers ancestral des Sames
 
Dans l'univers impitoyable du Grand Nord, en Laponie norvégienne, vivent les Sames.
Ils sont éleveurs de rennes selon des traditions ancestrales.
Ils obéissent à un certain code et perpétuent des coutumes et rituels qui leur sont propres.




Certains rêvent d'une vie meilleure et partent.
C'est le cas de la mère d'Anna qui s'est exilée en Suède, malgré la forte opposition de la famille.

Un jour Anna qui est substitut du procureur à Stockholm, reçoit un appel de sa grand-mère lui demandant de venir à Kautokeino pour l'aider à trouver un arrangement dans l'affaire de Nils son cousin éleveur de rennes,  accusé de viol.




En quittant le confort de sa grande ville et en retournant chez les Sames, dans ces contrées reculées et hostiles qui n'évoquent pour elle que de vagues souvenirs d'enfance, Anna ne se doute pas qu'elle va entreprendre un périple particulièrement aventureux et ... glacé ! Car on a froid avec elle, tout au long du livre !




Elle va être confrontée à la dure réalité du quotidien des Sames,  à leurs conditions de vie extrêmes, aux clans qui se déchirent, à leur silence, à leurs non-dits,  à la mafia locale, aux membres corrompus.

Mais ce périple de 3 semaines dans le Grand Nord, va permettre à Anna de renouer avec sa famille maternelle et de retrouver ses racines. Elle va éprouver un sentiment d'appartenance au peuple Same que sa mère avait eu le courage de quitter .






C'est un bon polar scandinave, original, doublé d'une aventure humaine.
La nature sauvage y joue un rôle important.









L'auteur LARS PETTERSSON a travaillé pour la télévision suédoise pendant de nombreuses années.

C'est au cours d'un tournage qu'il a découvert le peuple Same dans les années 1990.

Depuis il y passe tous ses hivers...