jeudi 15 février 2018

195 - "L'invention de la Nature" de Andrea Wulf




La vie étonnante d'un génie aventurier : Alexander von Humboldt


Naturaliste, géographe, explorateur, Alexander von Humboldt (1769-1859) est le grand scientifique des Lumières.




Il a donné son nom à des villes, des rivières, des chaînes de montagnes, à un courant océanique d'Amérique du Sud, à un manchot, à un calmar géant.
Il existe même une Mare Humboldtianum sur la Lune.



Sous la plume d'Andrea Wulf, sa vie se lit comme un roman d'aventures : Humboldt a organisé des expéditions dans la forêt tropicale, escaladé les plus hauts volcans du monde, comme le Chimborazo dans les Andes.


Humboldt devant le Chimborazo dans les Andes


Il était l'ami des princes, des présidents, des révolutionnaires, des scientifiques et des poètes.
Thomas Jefferson l'a accueilli comme un ami.
Mais Napoléon le jalousait et a voulu l'expulser de France...
Simón Bolívar s'est imprégné de ses idées pour mener à bien sa révolution.
Darwin a embarqué sur le Beagle à cause de lui.
Le capitaine Nemo de Jules Verne possédait tous ses livres dans sa bibliothèque.



À une époque où l'on pouvait embrasser toutes les connaissances scientifiques, Humboldt n'a cessé d'arpenter le monde pour en déceler les secrets et les expliquer.






En 1800 déjà, il prédisait les changements climatiques causés par l'homme. Ses idées ont révolutionné la science, la politique, l'art et la théorie de l'évolution.






Grand visionnaire, amoureux du monde vivant, de ses mystères et de ses beautés, Humboldt a inventé la nature telle que nous la percevons aujourd'hui.



"L'invention de la Nature" est un livre magnifique que tout le monde devrait avoir lu !





 
 
 
Andrea Wulf est née en Inde en 1972. Elle a grandi en Allemagne et vit actuellement en Angleterre.
 
Elle est l'auteur également de :
The Brother Gardeners
The Fouding Gardeners
 
Passionnée par le monde végétal, la géographie et la littérature, Andrea Wulf collabore à de nombreux journaux, dont le Guardian, le Los Angeles Times et le New York Times..
 
Couronné de nombreux prix, "L'invention de la nature" a figuré dans la liste des dix meilleurs livres de 2015 du New York Times.
 
 
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samedi 10 février 2018

194 - "Un Anglais sous les Tropiques" de William Boyd






Désopilant !!! Une satire typiquement britannique



Au fin fond d'une contrée de l'Afrique occidentale, à Kinjanja, colonie imaginaire du défunt Empire britannique,  les fonctionnaires de l'Ambassade de Sa très Gracieuse Majesté suent sous un soleil de plomb.

Avec paresse et arrogance, ils occupent leurs journées sans intérêt entre paperasses, parties de golf, piscine et échanges d'invitations entre expatriés.

Dans ce coin de cambrousse surchauffée, Morgan Leafy, traqué par l'alcool, l'embonpoint et la calvitie, est un  fonctionnaire en titre qui se la coule douce tout en s'ennuyant ferme.

Son supérieur lui confie toujours des missions pourries !

Jugez plutôt :
Il lui demande de se déguiser en Père Noël pour la venue d'une Lady représentant Sa Très Gracieuse Majesté. Evidemment la situation lui échappe et il se couvre de ridicule.
Une autre fois, son Supérieur  outré qu'une de ses domestiques soit morte près de sa maison,  lui intime l'ordre de déplacer le cadavre loin de sa vue...

Tiraillé entre l'hypocrisie coloniale de son administration et les traditions superstitieuses des populations locales, la situation du modeste fonctionnaire bascule dans l'horreur et l'absurde.



Laissez vous séduire par ce tout premier livre de William Boyd où il dresse un portait de l'Angleterre coloniale au vitriol !!!





William Boyd
Né en 1952, l’écrivain britannique William Boyd, qui est aussi scénariste et réalisateur, a publié douze autres romans comme Un Anglais sous les tropiques, La croix et la bannière, La vie aux aguets, Orages ordinaires, l'attente de l'aube, Les vies multiples d'Amory Clay, A livre ouvert...

 Il partage son temps entre Londres et la Dordogne.




Voir mes autres critiques de livres de William Boyd :
- "Les vies multiples d'Amory Clay"  chronique 150 du 17.12.2016
- "A livre ouvert" chronique du 02.04.2016


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vendredi 2 février 2018

193 - "Mamie cherche les embrouilles" de Mario Giordano






Léger et loufoque !

Isolde Oberreiter, alias "Mamie Poldi" est une Munichoise qui a épousé Giuseppe un Sicilien exilé à Munich.

Extrait :
"Ma tante Poldi.  Tout un poème. 
Ca, elle ne passait pas inaperçue avec son penchant pour le glamour.
Si elle s'était un peu arrondie, ces dernières années, et malgré les quelques rides qui lui avaient creusées, il faut bien l'avouer, l'alcool et la morosité, elle n'en demeurait pas moins éblouissante."







Quand Giuseppe décède, Poldi qui a 60 ans décide de réaliser son vœu le plus cher : mourir avec vue sur la mer. Et en famille. C'est à dire en compagnie des 3 sœurs de son mari qui vivent à Catane en Sicile.  Tout près de l'Etna !




Et c'est là que l'aventure commence pour Poldi  quand Valentino, son homme à tout faire va être retrouvé assassiné. Elle se transforme alors en enquêtrice aux côtés du beau commissaire Montana qui finira par tomber dans son généreux décolleté !

L'histoire est racontée par son neveu, un apprenti écrivain qu'elle héberge dans les hauteurs de sa maison.

La couverture du livre original est bien plus drôle que celle de l'édition française :




Mario Giordano est surtout un auteur pour enfants et cela se ressent dans l'écriture. Il y a une sorte de naïveté dans ses propos et l'on sent qu'il doit se taper sur les doigts pour arrêter ses élucubrations de grand adolescent...

Pour se rattraper, il rajoute quelques scènes de sexe, il saupoudre le tout de références philosophiques et il fait gronder l'Etna quand ça l'arrange !!!






Vite ! un petit tour à Catane en Sicile pour goûter à tous les bons petits plats dont nous régalent Caterina, Teresa et Luisa, les belles-soeurs de Poldi, au fil des pages !







 C'est un livre qui vous fait passer un moment agréable et divertissant aux couleurs  gourmandes de la Sicile.










Mario Gordano est né en Italie le 19.06.1966
Il a étudié la philosophie et la psychologie à l'université de Düsseldorf.
Journaliste, auteur de romans et de livres pour enfants, il est aussi scénariste.
Son roman Black Box a été adapté en 2001 au cinéma.


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samedi 27 janvier 2018

192 - "Si la lune éclaire nos pas"de Nadia Hashimi






L'histoire d'une Cendrillon Afghane...


Chaque page de ce récit amène son lot de malheurs.

Le livre est écrit à la première personne.
C'est l'histoire de Fereiba une Afghane pour qui tout va de travers depuis sa naissance...

Jugez plutôt :
Sa naissance donne lieu à la mort de sa mère.
Le père est inconsolable.
Fereiba est considérée dès lors comme porteuse "du mauvais œil"
Mais la famille oblige le veuf à se remarier.
La marâtre est une vraie harpie pour sa bru, l'obligeant aux plus basses besognes ménagères, alors que les demi-frères et sœurs sont chouchoutés et ont le droit, eux d'aller à l'école.
Dans cette vie de misère, Fereiba rêve à son jeune voisin, un ingénieur.
Mais là encore, pas de chance, la famille du jeune homme vient demander la main de ... la demi-soeur de Fereiba !

Je ne continue pas plus loin, car ce serait vous dévoiler toute l'histoire, mais sachez que ça ne s'arrange pas vraiment, au contraire, cela va de mal en pis !!!

Si vous aimez les tragédies, ce livre est fait pour vous...






Nadia Hashimi est née à New York.
Ses parents ont quitté l'Afghanistan dans les années 1970 avant l'invasion soviétique.
Ils sont retournés dans leur pays d'origine pour la première fois en 2002 avec leur fille.
Un voyage marquant pour Nadia Hashimi qui découvrit l'histoire et la culture afghanes.




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samedi 20 janvier 2018

191 - "Le Gourou de la Baltique" de Mikaël Bergstrand





Le troisième volet de la trilogie "Les plus belles mains de Delhi" et "Les brumes du Darjeeling"


"Le Gourou de la Baltique" c'est la suite des aventures de Göran, notre Suédois dépressif et de Yogi, son copain, un indien tonique et optimiste.

Göran est toujours aussi "gnan-gnan", pas très futé et on a envie de le secouer pour le réveiller de la torpeur dans laquelle il semble se vautrer avec délice.

Quant à Yogi, il ne change pas non plus : toujours positif, généreux et drôle.

Cette nouvelle histoire fait donc suite à "Les plus belles mains de Delhi" et "Les brumes du Darjeeling" que j'avais beaucoup aimées et dont vous trouverez les critiques :
- à la chronique du 26.11.2017
- et à celle du 14.10.2017

Cette fois-ci Mickaël Bergstrand nous emmène en Inde pour le mariage de Yogi et il revient très vite en Suède où Yogi le rejoint pour faire du commerce !




Yogi n'importe pas seulement en Suède, ses somptueux pashminas, il importe sa culture, sa religion et surtout son incroyable philosophie positive. Vous pouvez compter sur Yogi pour vous plonger dans des aventures cocasses, drôles et rocambolesques et vous retourner une situation en un rien de temps.




Avec lui, nous découvrons la vie en Suède avec des personnages pour certains, un peu agaçants, pour d'autres, au contraire très attachants. Mikaël Bergstrand n'est pas très tendre avec ses compatriotes !




Il y a aussi une place plus importante pour la mère de Göran, incroyablement jeune et dynamique (à l'inverse de son fils) et de son richissime mari qui passe son temps à titiller le paresseux Gorän.

On retrouve dans ce roman, toute l'autodérision de Mikael Bergstrand, sa spritualité et son humour.


Un roman léger, agréable à lire, mais que j'ai moins apprécié que les deux premiers...




 


Mikael Bergstrand est né en 1960 à Malmö en Suède.
Il est journaliste et écrivain.
Il a vécu et travaillé à New Delhi plusieurs années.
Ses ouvrages, dans l'ordre :
- Les plus belles mains de Delhi (2014)
- Dans la brume de Darjeeling (2015)
- Le gourou de la Baltique (2016)


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samedi 13 janvier 2018

190 - "Le Charretier de la Providence" de George Simenon






Un drame humain dans l'univers des mariniers

"Le Charretier de la Providence" n'est pas un roman policier ordinaire. C'est surtout l'histoire d'un drame humain qui devient particulièrement poignant dans les dernières pages du livre.

Ce drame c'est celui d'un homme qui a été abandonné par celle qu'il aime et que le plus grand des hasards fait qu'il la rencontre à nouveau.

La  victime s'appelle  Mary et c'est la troisième épouse de Sir Walter Lampson, colonel en retraite de l'Armée des Indes. Celui-ci navigue sur son yacht,le Southern Cross au rythme des écluses, pour rejoindre l'île de Porquerolles où il y possède un Fort.

La jeune femme a été retrouvée dans l'écurie de la péniche "Providence".
Que venait faire cette nantie et cette oisive dans la paille d'une pauvre écurie ???

Les soupçons de Maigret se portent bien évidemment sur le (vieux) mari et sur son entourage.
En effet, le colonel qui avait l'habitude de se pochtronner sévèrement, voyageait avec sa maîtresse, une certaine Mme Negretti, alors que Mary, sa propre femme s'envoyait en l'air avec Willy Marco, le meilleur ami de celui-ci...

Un second meurtre semble donner raison à Maigret, quand Willy Marco, l'amant est assassiné à son tour.

Eh bien, si vous aussi comme Maigret, vous pensez que le mari alcoolique est coupable, vous avez tout faux !!!

Georges Simenon va nous balader, c'est le cas de le dire, au rythme lent des péniches (qu'il suit en vélo !) dans cet univers des mariniers et des éclusiers, typique des années vingt. C'est un monde humble où les hommes travaillent dur et où les femmes si discrètement humaines se donnent aussi de la peine dans des paysages sinistres battus par la pluie.


"Le Charretier de la Providence" est un roman remarquable par son écriture, sa construction et la charge émotionnelle qu'il dégage.








 Georges Simenon, est né à Liège (Belgique) le 12 février 1903 et mort à Lausanne (Suisse) le 4 septembre 1989.

D'abord journaliste, auteur sous différents pseudonymes de romans populaires, il créa en 1931 le personnage de Maigret qui le rendit universellement célèbre.

Il publia sous son nom plus de 200 romans, 155 nouvelles et 25 textes autobiographiques.


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samedi 6 janvier 2018

189 - "Le tableau du Maître Flamand" de Arturo Pérez-Reverte






Echecs et meurtres !!!


Dans cette oeuvre à mi-chemin entre roman policier et roman historique,  Grand Prix de la littérature policière en 1993, Arturo Pérez- Reverte nous plonge dans un récit bien enlevé dont la fin pourra surprendre (ou décevoir) plus d'un... Mais chacun ses goûts !

C'est un livre intéressant pour qui s'intéresse aux échecs bien sûr (ce n'est pas mon cas, je n'y connais rien... et ça ne m'a pas gêné) mais surtout pour toute la partie concernant l'histoire de l'art et des tableaux du Quattrocento.

Arturo Pérez-Reverte fait une description savante des moyens employés pour restaurer ces œuvres d'art, et il révèle certaines astuces des anciens maîtres flamands pour solliciter le spectateur  à l'aide de miroir, de trompe-l'oeil, de façon à brouiller la réalité.


L'histoire est la suivante : Julia, restauratrice d'oeuvres d'art à Madrid, travaille sur un tableau du XVe siècle représentant deux chevaliers jouant aux échecs.
 
Une expertise révèle, sous la peinture, une phrase en latin pouvant se traduire par "qui a pris le cavalier" ou "qui a tué le chevalier".

Avec l'aide d'un antiquaire, d'un joueur d'échecs et d'un historien, son ancien ami, Julia tente de déchiffrer l'énigme du tableau. Pure devinette de spécialistes ? Non, car un mystérieux inconnu reprend la partie d'échecs du tableau de façon bien macabre : les proches de Julia, transformés en pièces du jeu, sont assassinés les uns après les autres...



Une œuvre intéressante à découvrir...




Arturo Pérez-Reverte est né à Cartagène le 25.11.1951.
Il est journaliste et écrivain.
Issu d'une famille de marins, il a toujours été passionné par la mer et l'aventure.
Licencié en sciences politiques et en journalisme, il a travaillé en tant que grand reporter et correspondant de guerre pour la télévision espagnole.

Ses romans :
"Le Maître d'escrime"
"Le tableau du maître flamand"  (grand prix de littérature policière 1993)
"La peau du tambour"  (prix Jean Monnet 1997)
"Le cimetière des bateaux sans nom"  (prix Méditerranée étranger 2001)
"La reine du sud"
"Le hussard"
"Cadix ou la diagonale du fou"
"Le tango de la vieille garde

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mercredi 20 décembre 2017






Joyeuses Fêtes et Bonne Année 2018 !
 
¡Feliz Navidad y Prospero Año Nuevo !
 
 
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lundi 18 décembre 2017

188 - "Dark Secrets" de Hjorth et Rosenfeldt






Palpitant polar nordique !

Une incroyable intrigue qui commence ainsi :

Extrait
Je ne suis pas un meurtrier.
C'était ce que l'homme se répétait en traînant le corps du garçon vers l'étant : il n'était pas un meurtrier.
Les meurtriers sont des criminels. Des gens mauvais. Les ténèbres ont englouti leur âme et ils ont tourné le dos à la lumière.
Lui n'était pas méchant. Loin de là.

Voilà ! Les auteurs Hjorth et Rosenfeldt vous mettent sur la piste.
Du moins, c'est ce que vous croyez...

Quelques pages plus loin, une femme appelle la police pour signaler la disparition de son fils, un certain Roger Eriksson, âgé de 16 ans. Elle ne paraît pas outre mesure affecter par cela.
Mais les policiers prennent l'affaire très au sérieux et lancent aussitôt un avis de recherche.

De l'action bien sûr, des rebondissements, de fausses pistes, mais aussi beaucoup de psychologie qui nous tient en haleine jusqu'au dénouement final en compagnie de personnages forts et attachants.

Dark Secrets c'est aussi une réflexion sur l'amour, les relations sociales et la famille.

Une belle réussite !






Michael Hjorth est né en 1963 à Visby.
Il est auteur et scénariste.

Hans Rosenfeldt est né en 1964 à Boras.
Il écrit des scénarios de télévision.


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vendredi 8 décembre 2017

187 - "Maigret s'amuse" Georges Simenon





Maigret s'amuse et nous aussi !


Une enquête très originale, puisque Maigret pour des raisons de santé, doit partir en vacances et qu'il a juré de ne pas mettre les pieds au Quai des Orfèvres, laissant temporairement sa place à son second : l'inspecteur Janvier...





Il donne à la PJ son adresse aux Sables-d'Olonne, mais faute de place à l'hôtel où il comptait aller, il reste à Paris.
Il flâne donc "anonymement" (puisqu'on le croit aux Sables-d'Olonne) dans Paris avec Louise et ils déambulent dans la ville comme de vrais touristes, en se remémorant le bon vieux temps quand ils découvraient des lieux emblématiques : Place du Tertre, Montmartre, le Canal Saint Martin, les guinguettes de Joinville...





Louise prend dans ce récit une autre dimension. Elle est plus présente et elle donne un autre aspect de sa personnalité. Par petites touches successives, nous ferons mieux connaissance avec elle.

Mais voilà que les vacances de Jules sont perturbées quand il  apprend en lisant les journaux comme tout le monde  qu'un crime vient d'être commis dans un immeuble bourgeois du boulevard Haussmann. Le corps nu de la victime a été retrouvé dans un placard, au cabinet d'un certain docteur Jave.





Et c'est en tant que lecteur, que l'inspecteur va suivre l'enquête !
Il va découvrir tous les sentiments que le public éprouve à suivre une enquête à travers la presse.
Il subira la frustration de ... ne pas connaître les détails que la PJ refuse de donner.
Il deviendra critique quand il lui semblera que l'enquête piétine, que les informations sont données au compte-goutte, etc...

Alors, il va faire ce que beaucoup de gens font dans ces cas là : il va envoyer des lettres anonymes  à Janvier pour l'orienter dans des directions à suivre et des questions à poser à certains personnages impliqués dans l’affaire et il donnera des coups de fil anonymes à la presse !!!






Si Jules s'amuse comme un petit fou derrière son verre de bière, il en va de même pour ses lecteurs.
Simenon a toujours cette extraordinaire capacité à camper des personnages plus vrais que nature et à décrire la moindre tonalité d'ambiance.


Un Simenon très différent, mais passionnant !!!









Georges Simenon  (1903-1989) est le quatrième auteur francophone le plus traduit dans le monde !


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samedi 2 décembre 2017

186 - "Les rives de la terre lointaine" de Sarah Lark





Intrigue romanesque en Nouvelle Zélande au XIXème siècle


Hiver 1846.
La famine fait des ravages en Irlande...

Kathleen 17 ans et Michael 19 ans sont amoureux et ne rêvent que d’une chose :  fuir la misère, quitter leur île natale pour rejoindre l'Amérique, commencer une nouvelle vie et y fonder leur famille, car Kathleen est enceinte...





Mais ces projets sont vite contrariés quand Michael est arrêté pour avoir volé du pain et déporté en Australie pour y purger sa peine.





Au cours de la traversée, il fait la connaissance de Lizzie, une jeune prostituée qui le soigne et l'aide à s'enfuir en Nouvelle-Zélande un pays en pleine expansion, en pleine conquête où tout est possible si on possède un esprit aventureux et où se côtoie une population aux origines sociales différentes.

De son côté, Kathleen inconsolable depuis le départ de son amant est obligé d'épouser Ian Coltrane, un vendeur de bétail qui accepte la paternité de l'enfant de Mikael.
Ils partent pour la Nouvelle-Zélande dans l'espoir d'y faire fortune.





De l'Irlande en proie à cette terrible famine jusqu'à la Nouvelle Zélande, terre d'espoir, nous suivons pas à pas les amours contrariés de Kathleen, Michael, Lizie et bien d'autres protagonistes, personnages un peu trop stéréotypés, à mon goût.

Nous peinons avec eux lors de leur difficile adaptation dans leur pays d'adoption, nous assistons à leurs luttes farouches pour leur survie, à leurs initiatives pour trouver de nouvelles ressources : plantations de vignes, élevage de moutons, traitement de la laine, confection, commerce de chevaux,
fabrication de whisky, orpaillage, etc...








Les relations tendues avec les colons et les autres migrants font partie de leur quotidien.

Ce sont les pages consacrés aux Maoris à leur culture et à leurs traditions qui m'ont vraiment intéressées. Les Maoris sont les tangata whenua, ou le peuple indigène de la Nouvelle-Zélande. Ils sont arrivés là il y a plus de 1 000 ans depuis leur terre natale polynésienne de Hawaiki, île mythique.

L'auteur Sarah Lark en connaît un rayon et ne cache pas son affection et son admiration pour cette ethnie si hospitalière et généreuse.








Avec "Les rives de la terre lointaine", je vous invite à changer d'époque, à découvrir la Nouvelle Zélande et ses paysages grandioses, même si je n'ai pas apprécié certaines longueurs et répétitions du récit et les aventures romanesques des personnages dignes d'un roman de gare... Néanmoins...

Dépaysement garanti !!!









Sarah Lark
Née en 1958 dans la Ruhr, Sarah Lark est tour à tour guide touristique et journaliste avant de se tourner vers l’écriture.
Aujourd'hui, elle vit près d’Almería, en Andalousie, où elle a créé un refuge pour chevaux.
Sa trilogie maorie (Le Pays du nuage blanc, Le Chant des esprits et Le Cri de la terre), a été publiée dans 22 pays et a séduit plus de deux millions de lecteurs dans le monde.




Sarah Lark (de son vrai nom Christiane Gohl) et son Arche de Noé à Almeria. Ses revenus littéraires servent à sauver et à entretenir des chevaux et des chiens dans le refuge qu'elle a créé.
 





dimanche 26 novembre 2017

185 - "Dans la brume du Darjeeling" de Mikael Bergstrand







Un récit épicé et coloré !

Il fait suite à : "Les plus belles mains de Delhi"  (voir ma chronique du 14 octobre 2017)



Lors de son précédent séjour en Inde (dans "Les plus belles mains de Delhi"), Göran, notre Tintin suédois divorcé et dépressif, s'était lié d'amitié avec Yogi Sing Thakar, un homme d'affaires Indien prospère, importateur de textile à Delhi.

Une solide affection lie désormais Göran à cet homme merveilleux qui respire la joie de vivre et l'optimisme par tous les pores de la peau.

Au début du récit, nous retrouvons Göran chez lui, en Suède, en analyse chez la belle Karin pour soigner sa dépression chronique, combattre ses peurs et sa lâcheté, vaincre ses angoisses...
Celle-ci l'oblige à établir une liste d'une dizaine de buts dans la vie qui devrait  constituer son plan d'action ce qui le stresse au moins à 90 sur l'échelle de Brunell-Torstensson !!!




Il ne mettra rien en pratique.  Il n'en aura pas le temps.
Un quiproquo (une situation qu'il interprète mal) l'oblige à fuir de nouveau sa Suède natale.
Vis à vis de Karin, sa psy,  il prend comme prétexte de devoir partir en Inde de nouveau, rejoindre son ami Yogi pour assister à son mariage avec "sa merveilleuse Lakshmi d'amour".







Sur place, les déboires de son ami l'entraînent dans des aventures rocambolesques qui les mèneront jusqu'aux plantations de thé du Darjeeling dont Yogi  victime d'une escroquerie de la part d'un Anglais malhonnête a fait l'acquisition d'une parcelle.






Göran, Yogi et Lakshmi  vivront des situations caucasses, improbables, voires dangereuses, dans un monde encore soumis aux traditions millénaires dont il est impératif de respecter les coutumes et les rituels.




Avec ce deuxième tome  "Dans la brume du Darjeeling" vous pourrez encore joyeusement vous évader .
Ce récit plein d'humour, rempli de parfums envoûtants et de couleurs vous fera voyager jusqu'aux plantations du fameux thé Darjeeling en compagnie de personnages farfelus et sympathiques.



Une joyeuse lecture aux arômes de l'Inde !








Mikael Bergstrand est né en 1960 à Malmö en Suède.
Il est journaliste et écrivain.
Il a vécu et a travaillé à New Delhi plusieurs années.
Ses ouvrages, dans l'ordre :
- Les plus belles mains de Delhi (2014)
- Dans la brume de Darjeeling (2015)
- Le gourou de la Baltique (2016)