samedi 14 octobre 2017

"Les plus belles mains de Delhi" de Mikael Bergstrand






Génial !!! Une pépite d'humour...


Le héros Göran Borg est suédois.
Il a une cinquantaine d'années et il est journaliste-rédacteur pour une entreprise.
Sa vie est assez terne. Il est divorcé, père de deux enfants et il aime toujours sa femme.
Il vit à Malmö où le temps est souvent gris et pluvieux.






Un jour... Vlan ! Il est viré ! Au terme de 25 ans de bons et loyaux services...
Il est effondré.
L'un de ses amis, le beau et séduisant Erik, animateur de voyages organisés, lui conseille alors de changer d'air :

Extrait :
- Je sais exactement ce qu'il te faut, là, maintenant.
- Quoi donc ?
- T'as besoin de sortir de ton trou Göran. Je dois animer bientôt un voyage, viens avec moi.
- Non, ça ne m'intéresse pas.
- D'accord. Je vais te donner trois indices : cricket, curry et corruption. Alors ?
- En Inde ? Jamais de la vie !





Mais, il ne faut jamais dire "Jamais" et voilà  notre Göran embarqué dans un autre monde qui sent (selon ses dires) continuellement l'œuf pourri !
- Namaste en Inde ! (Bienvenue)

La foule, la puanteur, le bruit, la cuisine épicée, le taux de change de la couronne suédoise : tout lui donne le tournis.
- Namaste ? Mon cul, oui !




Extrait :
Il y avait des chiens errants qui rôdaient, maigres, le poil ras et la queue aplatie.
Il y avait aussi des vaches qui fouillaient du mufle dans les tas de détritus pour voir si un truc mangeable n'avait pas été oublié parmi les sacs plastiques crasseux.
Je n'avais jamais rien vu de tel. Tant de saleté, tant de pauvreté.
Instinctivement, je me sentis mal.

Et voilà notre pauvre Göran, grelotant, fiévreux, malade, au fond de son lit.
Il ne peut plus suivre le groupe en voyage.
Son ami Erik, toujours plein de ressources, le confie alors à Yogendra Singh Thagur l'un de ses meilleurs amis indiens, appelé familièrement Yogi.

Merveilleux Yogi ! Eternellement positif...
Cette rencontre va réellement bouleverser sa vie.

D'autant qu'il tombe amoureux d'une grande beauté nommée Preeti que lui présente son ami Yogi.





Celle-ci lui fait retrouver son sourire et sa fougue d'adolescent.
Pour l'éblouir, il va se lancer dans des aventures incroyables et même acquérir une conscience sociale et politique.

Mais je ne vous en dis pas plus...

J'ai adoré cette plongée colorée, odorante, pétillante dans l'Inde d'aujourd'hui et je vous invite à découvrir ce livre exaltant !







Mikael Bergstrand est né en 1960 à Malmö en Suède.
Il est journaliste et écrivain.
Il a vécu et travaillé à New Delhi plusieurs années.
Ses ouvrages, dans l'ordre :
- Les plus belles mains de Delhi (2014)
- Dans la brume de Darjeeling (2015)
- Le gourou de la Baltique (2016)

lundi 9 octobre 2017

"Volkswagen Blues" de Jacques Poulin






Un road-movie fantaisiste et plein de tendresse


Voilà ! J'ai pris la route avec Jack accompagné d'une jeune métisse indienne surnommée "la Grande Sauterelle" et un petit chat noir aux yeux bleus.

Le Volks est très vieux et envahi par la rouille, mais le moteur est impeccable.





Le but du voyage est de retrouver Théo, le frère de Jack.
Il ne l'a pas revu depuis une quinzaine d'années, peut-être vingt. Il ne se rappelle pas au juste.
Au début Théo envoyait des cartes postales. Il se déplaçait beaucoup.
Puis au bout de quelques années, il a cessé d'écrire.





Le voyage commence au Québec, à Gaspé et se termine à ... San Francisco !
Jack et  la "Grande Sauterelle" cherchent des indices qui puissent les mettre sur la piste de Théo.
Ils ne suivent pas l'itinéraire direct.
Ils empruntent celui des explorateurs de jadis, tel Jacques Cartier ou encore Cavelier de la Salle.
Ils en profitent pour s'intéresser aux pionniers et à l'histoire des Etats-Unis en général.






Avec eux nous suivons le Mississipi.
Le Volks peinera un peu sur les pistes de l'Oregon mais heureusement "la Grande Sauterelle" saura le réparer. Son papa était routier et il lui a appris le métier !
Le vieux combi pourra ainsi grimper jusqu'au sommet de Windlass Hill où nos voyageurs pourront se recueillir sur les tombes des migrants...




Vont-ils retrouver Théo ???
Je ne vous le dirai pas !

L'auteur Jacques Poulin raconte avec sensibilité, finesse et poésie ce road-movie
J'aime particulièrement son humanité et sa simplicité.


Je vous conseille cette belle grande balade à travers le continent Nord-Américain.
                             







Né au Québec, Jacques Poulin a vécu à Paris de nombreuses années.
Pudique et intimiste, faisant appel à une grande économie de moyens, son oeuvre, plusieurs fois récompensée par des prix littéraires, compte onze romans, dont les plus récents sont La traduction est une histoire d’amour (Leméac / Actes Sud, 2006), L’anglais n’est pas une langue magique (Leméac / Actes Sud, 2009) et L'Homme de la Saskatchewan (Leméac / Actes Sud, 2012).




 

vendredi 29 septembre 2017

"Maigret à Vichy" de Georges Simenon







Maigret fait une cure...

Incroyable n'est-ce-pas ?!
Mais à la cinquantaine passée, le commissaire gros jouisseur devant l'éternel est rattrapé par son foie. Que voulez-vous ? On ne peut pas impunément boire bière sur bière, fumer la pipe sans arrêt et se goinfrer des plats en sauce amoureusement concoctés par Madame, sans en payer le prix.

Suivant les sages conseils de son médecin, Jules part donc en cure à Vichy, accompagné de Madame.

Un peu de repos et quelques verres d'eau ferrugineuse vont lui nettoyer l'organisme.

Pour passer le temps, Maigret se promène beaucoup avec Madame et il observe les autres curistes.

Son regard est particulièrement attiré par une jolie femme solitaire, mystérieuse, hautaine, habillée souvent de couleur lilas. Elle écoute, tout comme le couple Maigret, les concerts donnés dans le kiosque à musique.

Puis un jour, il ne la voit plus.
Et pour cause ! Elle a été assassinée...

Lorsqu'on découvre la vérité, elle est tout simplement ... monstrueuse.
Cette femme était véritablement une araignée vénéneuse emprisonnant patiemment la victime dans sa toile pour s'octroyer une vie confortable.
Et nous, eh bien, nous nous sentons moralement du côté du tueur !

Un livre à savourer comme un gros bonbon !





Georges Simenon est né à Liège (Belgique) le 12 février 1903
et il est mort à Lausanne (Suisse) le 4 septembre 1989.

D'abord journaliste, auteur sous différents pseudonymes de romans populaires, il créa en 1931 le personnage de Jules Maigret qui le rendit universellement célèbre.

Il publia sous son nom plus de 200 romans, 155 nouvelles et 25 textes autobiographiques.



lundi 18 septembre 2017

"Thérapie" de David Lodge






La crise existentielle d'un "bobo" racontée avec humour...


Lawrence Passmore a presque 60 ans et il est scénariste d'un feuilleton populaire à succès intitulé : "Les gens d'à côté".
Il a une femme belle et intelligente, une voiture rapide, tape à l'œil et gaspilleuse d'énergie,  une superbe maison avec jardin, un appartement confortable près des studios où se tourne sa sitcom et une amie de cœur qu'il fréquente régulièrement.








Mais voilà qu'un jour,  Aïe ! Aïe ! Ouille ! une douleur fulgurante au genou l'oblige à consulter.




Les analyses, radios et examens ne détectent aucune anomalie.
Serait-ce psychique ?

Sally, sa femme lui cite Saint Paul (IIème épître de Paul aux Corinthiens):
"Et pour que je ne sois pas enflé d'orgueil, à cause de l'excellence de ces révélations, il m'a été mis une écharde dans la chair, un ange de Satan pour me souffleter..."

-Mais en quoi cela s'applique-t-il à mon genou ? réplique Lawrence, je trouve ce texte assez obscur

-Précisément, lui dit Sally. Personne ne sait en quoi consistait pour Paul l'écharde dans la chair.
C'est un mystère.
Tout comme ton genou !"






Lawrence de plus en plus déprimé, se lance alors dans une recherche frénétique d'une thérapie miracle proposée par les médecines parallèles.
Aromathérapie, yoga, acupuncture, encens, bougies, séances chez la psy, tout y passe...
Jusqu'à ce qu'il lise par hasard Kierkegaard et en tombe raide dingue !
Il faut dire que Lawrence est toujours dans l'excès...






Mais je ne vous révèlerai pas par quel miracle son état va s'améliorer.

David Lodge traite son sujet avec un humour dévastateur qui n'est pas sans me rappeler celui de Woody Allen mêlé à des réflexions brillantes et sensibles que n'auraient pas désavouer Sartre.
Je me suis franchement amusée à lire "Thérapie" que je vous recommande chaleureusement.


Un pur régal !!!








David John Lodge, né le 28 janvier 1935 à Brockley dans le sud de Londres, est un universitaire spécialiste de littérature et un écrivain britannique.

Peintre des travers et des maux de son pays, l'Angleterre, David Lodge connaît un succès retentissant pour ses ouvrages à l'humour caustique.





lundi 11 septembre 2017

"Maigret, le chien jaune" de Georges Simenon








Du Maigret, pur jus...

L'action se passe à Concarneau.

Nos narines frémissent aux odeurs de tabac et s'agacent aux relents de bière.
Et puis, il y a le spectacle peu reluisant des repas frugaux et bien gras, les regards sournois et méprisants des notables qui ont certainement tous des tas de secrets bien honteux à cacher.

Tout ce petit monde provincial s'épie en se se souriant hypocritement.

Un noctambule est blessé un soir en sortant de l'hôtel de l'Amiral.
Seul témoin : un chien jaune, maigre et bien moche qui disparaît mystérieusement et reparaît quand on ne s'y attend pas.






Il y a aussi une serveuse énigmatique et un médecin antipathique qui nous fait des crises de nerfs à répétition et va se coucher au lieu de soigner ses patients.

Bref, heureusement que Maigret est là, placide, fumant sa pipe, emmitouflé dans son chaud manteau, réfléchissant à toutes ses énigmes.

Un récit tout en atmosphère et bien captivant.








Simenon, dont on célèbrait en 2003 le centenaire de la naissance, est né à Liège (Belgique) le 12 février 1903 et mort à Lausanne (Suisse) le 4 septembre 1989.

D'abord journaliste, auteur sous différents pseudonymes de romans populaires, il créa en 1931 le personnage de Maigret qui le rendit universellement célèbre.

Il publia sous son nom plus de 200 romans, 155 nouvelles et 25 textes autobiographiques.



lundi 4 septembre 2017

"Les grandes marées" de Jacques Poulin







L'enfer, c'est les autres !!!


Extrait :
- Que vous faut-il pour être heureux, demanda le nouveau patron
- Vous n'auriez pas une île déserte par hasard ? répliqua Teddy Bear.
- J'en ai une : l'île Madame.


Et c'est ainsi que fut exaucé le souhait de Teddy Bear, le traducteur de bandes dessinées.





Teddy Bear vit enfin heureux :
seul sur une île, partagé entre son travail de traduction de bandes dessinées, ses dictionnaires étymologiques, son rôle de gardien de l'île minuscule "Madame" et son fidèle compagnon, le chat "Matousalem".

Son patron lui rend visite en hélicoptère une fois par semaine pour le ravitailler et récupérer les traductions.







Un jour le patron débarque avec Marie, une jeune et jolie jeune fille.
Elle a peu de bagages, quelques livres et un chat dénommé "Moustache".

La vie s'organise.







Mais hélas pour le traducteur, d'autres invités débarquent à chaque grande marée, tous plus farfelus les uns que les autres.
Et il faut apprendre à vivre en société sur le territoire minuscule.
L'ambiance évolue et on comprend vite que le piège le plus dangereux qui menace les hommes ce sont les ... autres !!!

Le gentil conte va virer au cauchemar et la fin sera cruelle.


L'auteur Jacques Poulin revisitant le mythe du paradis perdu, nous offre une parabole sur la vie et ses pièges (les pièges en fait ce sont "les autres"...) et des réflexions sur :
- le travail intellectuel, 
- la solitude de l'écriture, 
- la création en général
- la puissance des mots  (Teddy cherche toujours le mot juste, parfois jusqu'à l'obsession).



Un livre formidable que je vous conseille vivement !








Né au Québec, Jacques Poulin a vécu à Paris de nombreuses années.
Pudique et intimiste, faisant appel à une grande économie de moyens, son oeuvre, plusieurs fois récompensée par des prix littéraires, compte onze romans, dont les plus récents sont La traduction est une histoire d’amour (Leméac / Actes Sud, 2006), L’anglais n’est pas une langue magique (Leméac / Actes Sud, 2009) et L'Homme de la Saskatchewan (Leméac / Actes Sud, 2012).                           





vendredi 1 septembre 2017

"Le dernier américain" de Elizabeth Gilbert






Un livre témoignage sur "Eustace Conway"... Formidable !!!


Eustace Conway est né le 15 Septembre 1961 en Caroline du Sud, et c'est un PERSONNAGE INCROYABLE !!!
Il fallait tout le talent d'Elizabeth Gilbert pour nous raconter l'extraordinaire parcours de cet aventurier écolo.




Extrait du "Dernier Américain" page 11 :
"A 7 ans, il était capable de lancer un couteau sur un tronc d'arbre avec assez d'adresse pour y clouer un tamia. A dix, il pouvait atteindre au tir à l'arc, un écureuil en train de détaler à quinze mètres devant lui.

Quand il entra dans sa treizième année, il partit en forêt, seul et sans le moindre outil en poche. Il se construisit un abri où il passa une semaine entière en ne subsistant que des ressources de la nature.

Quand il eut dix-sept ans, il quitta sa famille pour s'installer en montagne où il vécut sous un tipi fabriqué de ses propres mains ; il allumait du feu en frottant deux bouts de bois l'un contre l'autre, se baignait dans des torrents glacés et s'habillait de peaux d'animaux qu'il chassait pour se nourrir."





Depuis, Eustace Conway n'a cessé de prêcher que la meilleure façon de vivre est la façon "primitive".
Il a réussi à acheter 43 hectares de terre appelées "Ile de la Tortue" où les bruits que l'on entend sont seulement ceux du bourdonnement de sa scie à chaîne et le cri des aigles.






Eustace estime que cet endroit représente : "un petit bol de verdure, intact et naturel, entouré de béton et d'autoroutes"...  On peut y voir, "un exemple parfait et verdoyant de ce à quoi le monde entier ressemblait autrefois."

Il a toujours pressenti que le chemin de consommation effrénée dans lequel s'est engouffré le monde ne peut le mener qu'à sa perte. Il aimerait par son exemple en inverser le cours. Eustace est un doux dingue !

Fascinant, il est aussi irritant... par son côté mégalo de monsieur-je-sais-tout.







L'auteur Elizabeth Gilbert a passé de longues semaines à ses côtés pour en dresser un portrait aussi juste que possible et nous montrer l'homme sous son vrai jour, loin du folklore monté en épingle par les médias qui le qualifient volontiers de "prophète"...


"Le dernier américain" ? un livre qui m'a emballé...
à lire absolument !!!







L'auteur Elizabeth Gilbert











dimanche 25 juin 2017

"Le rêve des chevaux brisés" de William Bayer






Un psycho-polar bluffant !


A l'occasion d'un procès, David Weiss, un jeune dessinateur judiciaire, revient dans sa ville d'origine,
Il n'y a pas remis les pieds depuis 15  ans.
Ce sera pour lui l'occasion d'essayer d'éclairci un double meurtre qui a affecté sa jeunesse, car son père était le psychanalyste de l'une des victimes : la belle et troublante Barbara Fulraine.

Grâce aux carnets de son père qui s'est suicidé peu après ce double meurtre, David Weiss, va reconstituer la personnalité et la vie de Barbara qui incarnait la réussite, la beauté, la richesse.

Derrière cette belle façade, il va découvrir les petites et grandes misères, les échecs, les bassesses de la victime et de son entourage qui vont forcément le conduire au meurtrier.

"Le rêve des chevaux brisés" c'est  :
Un suspens magistralement mené.
Un chassé croisé d'intrigues.
Une analyse brillante d'une petite ville américaine standard.
Des personnages attachants et forts.
Un style dense et rapide.
Une très belle écriture.




Bref, un bien bon roman difficile à lâcher !!!
Je vous le conseille pour vos vacances...








William Bayer est né le 20 février 1939 à Cleveland.
Actuellement, il vit au nord de San Francisco.

Diplômé en 1956 de l’Académie Philips Exeter (New Hampshire) et de l’Université Harvard de Cambridge (Massachusetts) en histoire de l’art.

C'est le spécialiste du roman noir psychologique.

Livres publiés en France :
 Pélerin, Hors Champs, Labyrinthe de Miroirs, Wallflower, Le Rêve des Chevaux brisés, La Ville des Couteaux






lundi 19 juin 2017

"Le rouge vif de la rhubarbe" de Audur Ava Olafsdottir






Mon Dieu ! Quel ennui !!!

J'ai acheté ce livre sur la foi d'une critique dithyrambique :

"Tout premier roman d'Audur Ava Olafsdottir enfin traduit en français, "Le rouge vif de la rhubarbe" éclaire à merveille l'œuvre de la grande romancière islandaise.
Car il s'agit bien de merveilleux chez elle.
Pourtant c'est à la vie ordinaire qu'elle s'attache, sur cette île noire aux paysages crépusculaires, celle de personnages hors normes qui affrontent leur destinée avec une singulière drôlerie et une grâce incomparable.
Car il y a toujours une embellie dans les nuits polaires d'Audur Ava Olafsdottir.
Après "Rosa candida", inoubliable découverte, "Le rouge vif de la rhubarbe" est un enchantement."



D'abord, sachez, que contrairement à ce que dit cette critique, il n'y a aucune drôlerie dans ce livre.
Mais vraiment aucune !

Quant au "merveilleux", je ne l'ai pas trouvé. Il n'y a aucune grâce aucune poésie.

Tout est lenteur et introspection.

L'auteur nous décrit des petites vies, ballotées au gré d'une nature ingrate.

Je suis sans doute passée à côté de cette œuvre qui ne m'aura vraiment pas marquée...

Si vous y tenez vraiment... empruntez le à la bibliothèque ou à une amie qui, comme moi, se sera laissée piéger par les critiques !





Audur Ava Olafsdottir est née à Reykjavik (Islande) en 1958
Elle a fait des études d'histoire de l'art
Elle est professeur d'histoire de l'art à l'université d'Islande et directrice du Musée de l'Université d'Islande.
En France sont parus :
Rosa Candida
L'embellie
L'exception





lundi 12 juin 2017

"Comme les amours" de Javier Marias






Les dérives de l'âme humaine

Ce thriller psychologique commence plutôt gentiment à une terrasse de café, où Maria Dolz une jeune éditrice madrilène a l'habitude de prendre son petit déjeuner en contemplant avec admiration un couple marié qui semble si bien s'entendre.

Mais, qui dit  "thriller", dit forcément crime...
Et ce monde parfait vole en éclat le jour où le mari est sauvagement assassiné par un déséquilibré.

Maria décide alors d'entrer en contact avec Luisa la femme de la victime, qui semble devenue un être fragile et vulnérable face à la tragédie qui la frappe, elle et ses enfants.

Maria ne sait pas qu'elle vient de mettre un pied dans un univers où elle n'a rien à faire...

Extrait page 87 :
Elle s'aperçoit que pour autrui n'importe quel malheur a sa date de péremption sociale, que personne n'est fait pour contempler la peine, que ce spectacle n'est tolérable que durant un bref laps de temps."

L'histoire est complexe et tragique.
Mais elle reste bien réelle, tout à fait plausible.

L'auteur, Javier Marias, explore avec talent les émotions, les sentiments, les troubles de la jeune Maria que le couple appelait "la jeune prudente".

Pour appuyer ses propos, il en appelle au Colonel Chabert, à la jeune et sulfureuse Milady, à Athos si ambigü et même à Macbeth pour qu'on comprenne que l'âme humaine connaît des dérives, des tourments et que l'amour nous pousse à des actes insensés.


"Une superbe méditation sur le crime en général, et sur le plus invincible des criminels en particulier : le temps."  Le Figaro Magazine


Captivant et brillant !







Javier Marias est né à Madrid en 1951.
Il est l'auteur d'une dizaine de romans.
- L'homme sentimental
- Le roman d'Oxford
- Un cœur si blanc
- Demain dans la bataille, pense à moi

Il a enseigné la littérature à Oxford.
Il vit actuellement à Madrid.

mercredi 7 juin 2017

"Elles ont conquis le monde" Alexandra Lapierre & Christel Mouchard






Mini biographies de grandes aventurières !



En fait, ces aventurières étaient avant tout de grandes désobéissantes !
"L'obéissance, c'est la mort !" (Alexandra David Néel)







L'aventure, l'appel du grand large, la curiosité de découvrir le monde, la volonté de combattre, leur donnaient un impérieux désir d'outrepasser les codes de bonne conduite.

Et le premier chapitre est consacré à une nonne audacieuse devenue guerrière : Catalina de Erauso, la Jeanne d'Arc espagnole... née en 1592.




La société les voulait bonnes épouses et bonnes mères de famille alors qu'elles ne rêvaient que de botanique, d'ethnologie, de peinture, etc...
Alors, elles partent ! Souvent dans des conditions incroyables.
Elles voguent vers d'autres horizons, vers d'hostiles territoires, bravant l'ordre des choses, comme l'incroyable, la "scandaleuse" Isabelle Eberhardt tombée folle amoureuse du ... Sahara.




Nous avons droit ainsi à une trentaine de "portraits" de femmes toutes plus extraordinaires les unes que les autres...
Les auteurs concluent qu'elles sont ... increvables !!!
"Contre toute attente, l'aventure ne tue pas ces grandes voyageuses : elles les conservent !"
En effet, la plupart décèdent à plus de 90 ans... quelques unes même seront centenaires.


Un livre passionnant qui peut nous donner envie de nous plonger dans les péripéties de la vie d'une aventurière en particulier.





Alexandra Lapierre





Christel Mouchard










lundi 29 mai 2017

"Crise d'otages" de James Patterson






Une intrigue époustouflante !


James Patterson est un auteur que je ne connaissais pas.
J'ai donc commencé par l'un de ses thrillers recommandés par la critique.

L'intrigue est incroyablement bien faite.
Elle pourrait se baser sur un fait réel.

L'histoire est la suivante : à l'occasion de l'enterrement de la first Lady à la Cathédrale St Patrick, une prise d'otages a lieu. Les ravisseurs ne demandent pas "une" rançon, mais autant de "rançons" que de personnalités retenues. Les personnalités en question viennent du monde du spectacle, des medias, des arts et de la politique.
Les ravisseurs affirment qu'ils pourront sortir sans se faire prendre. Et ... c'est vrai !

L'auteur connaît les ficelles du métier.
On a envie de sauter des pages pour arriver plus vite au dénouement !!!

Par contre, le style n'est pas génial du tout... Il est inconsistant et très niais.
 Je lui mettrai un beau zéro pointé.
Il parait que le succès aidant, James Patterson n'écrit plus lui-même, il délègue !

Mais l'intrigue est tellement époustouflante que je dirai que c'est un polar à lire pour se décontracter.






James Patterson est né en 1947 à Newburgh aux Etats-Unis

Il est écrivain et scénariste.
Le héros de l'une de ses séries : l'inspecteur Alex Cross est interprété au cinéma par Morgan Freeman dans "Le Collectionneur" et le "Masque de l'Araigné".

Il vit à Palm Beach en Floride dans une superbe propriété !
En 2012, il est classé par le magazine Forbes comme l'écrivain le mieux payé au monde...





dimanche 14 mai 2017

"L'homme qui ne voulait plus se lever" de David Lodge







Humour et cynisme british...



Je découvre David Lodge avec ce livre
Il n'est pas très épais : à peine quelques 120 pages !

Il s'agit de 6 nouvelles écrites entre 1966 et 1992 :
- Sous un climat maussade
- Mon premier job
- L'hôtel des Paires et de l'Impair
- L'homme qui ne voulait plus se lever
- L'avare
- Pastorale

Ces nouvelles mettent en scène des gens ordinaires à qui il arrive des choses ... ordinaires ! mais raconté à la façon David Lodge qui s'attache à se moquer de ses contemporains avec ce qui fait le charme british : une pointe d'humour, une pointe de cynisme.

Certaines nouvelles sont assez drôles, d'autres un peu plus sombres. Mais sous leur air léger, elles dénoncent le mal-être des personnages.

J'ai décidé de poursuivre la rencontre avec cet écrivain en lisant "Thérapie".
Je vous raconterai...










David Lodge est un écrivain britannique né à Londres en 1935.

 Il est issu d'une famille catholique modeste, sa mère était secrétaire et son père professeur de danse.

Il a décidé de devenir écrivain à l'âge de ... 14 ans !

 Bien que très jeune durant la Seconde Guerre mondiale, il a été particulièrement marqué par ses conséquences lors d'un voyage à Heidelberg en 1951, en constatant les différences entre l'Angleterre en reconstruction et l'Allemagne en plein essor économique.


Après avoir envisagé de devenir journaliste, il poursuit des études à Londres puis à Birmingham où il a ensuite enseigné la littérature anglaise jusqu'en 1987 avant de se consacrer à l'écriture.




A noter : il a reçu en France la distinction de Chevalier de l’ordre des arts et des lettres